© Pierre-Brice Lebrun






























Sandrine Laran a créé en 2011 et préside l’association toulousaine AmisPlégiques.

Elle travaille au quotidien auprès de personnes en situation de handicap à la Direction de la vie étudiante (DIVE) de l'Université de Toulouse Jean Jaurès (Le Mirail). Elle siège au conseil d'administration du Groupement inter-associatif scolarisation et handicap (GISH) de Haute-Garonne, au Conseil inter-associatif handicap (CIAH) de Haute-Garonne, et à la Commission départementale pour l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la MDPH  de la Haute-Garonne. Elle intervient régulièrement à l'Institut de formation des masseurs-kinésithérapeutes (IFMK) de Toulouse.

Elle prépare un Master d’Éducation thérapeutique à la faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris) en qualité de patient-expert.

Elle est coauteur, avec Pierre-Brice Lebrun, de l'ouvrage Le droit en action sociale, paru chez Dunod en juin 2014 (coll. Maxi fiches).

Sandrine Laran encadre des sessions de formation et d'information autour du handicap, et des ateliers de sensibilisation au handicap (Université Toulouse Jean Jaurès Le Mirail, Laboratoires Boiron, etc.).

Pour la contacter : sl@amisplegiques.fr

Pourquoi les AmisPlégiques ?

C’est une longue histoire, pas vraiment drôle ! Le 11 octobre 2003, lors d’une randonnée à cheval, au départ d’un galop, j’ai fait un malaise vagal : quand je suis tombée de cheval, j’étais déjà inconsciente. Transportée au CHU de Rangueil en hélicoptère, le bilan n’est pas génial : trauma cervical, trauma crânien, trauma dentaire, je suis défigurée.

Un mois et demi d’hôpital suivi d’un mois et demi de maison de repos, me voilà un peu plus vaillante, je peux pour Noël rentrer à la maison et reprendre ma vie familiale, mais pas encore ma vie professionnelle : j’ai des activités quotidiennes de rééducation, en soins externes au CHU.

Une gêne à la flexion et la rotation de la tête m’oblige à consulter un neurochirurgien : en avril 2004, je n’ai pas le choix, je dois être opérée des cervicales pour libérer une compression médullaire (la moelle épinière est comprimée par les cervicales).

Le 27 avril, en fin de journée, je rentre à l’hôpital, le chirurgien me rend visite et me dit : « je sais que pour vous c’est l’opération de votre vie, mais pour moi, c’est la routine, je fais ça tous les jours, alors, arrêtez de vous inquiéter ! vous aurez un gros torticolis et, dans quatre jours, vous serez chez vous ».

Cela aurait été trop simple !

Je reprends conscience dix jours plus tard avec une hémiplégie totale du côté gauche : j’ai fait un AVC sur la table d’opération. 

Je pensais devoir survivre à mon handicap, mais aujourd’hui, je revis avec mon handicap.

Grâce à tous ceux que j’ai croisés, aux liens que j’ai tissés, aux nouvelles situations que j’ai vécues, je m’en suis sortie ; j’ai repris ma vie en main. 

Je ne veux pas avoir eu mon AVC « pour rien », je veux partager mon expérience, témoigner de la difficulté de réapprendre à vivre avec son handicap, encourager les efforts de chacun : ils permettent d’améliorer la récupération.

Je veux surtout apporter l’espoir et la volonté de réagir et d’agir.

Nous ne récupérons pas tous de la même façon, mais il y a une chose dont je suis sûre, c’est que nous pouvons tous récupérer une capacité commune : le moral !

AmisPlégiques a été créée pour aider les hémiplégiques à le retrouver …

En 2007, je reprends mon activité professionnelle, après une rééducation intensive : je remarche normalement, je reconduis une voiture adaptée et je me réinscris à la gym !

En septembre 2010, je remplace une ergothérapeute du CHU au 23e Congrès d’ergothérapie de Montpellier, et je témoigne devant une salle de 800 personnes du protocole de thérapie contrainte induite (TCI) de quatre semaines que je viens de suivre à l’hôpital. 

La réaction des soignants présents me convainc de créer AmisPlégiques : la nécessité d’une association de patients s’impose à moi comme une évidence !

Elle voit officiellement le jour quelques mois plus tard, avec différents ateliers intra et extrahospitaliers, marche, cuisine, initiation au tricycle, art-thérapie, couture, activités sportives (entretien physique, natation, randonnée), groupes de parole (etc.), qui nous permettent d’échanger, de partager, de comprendre et d’accepter.

Certains ateliers se déroulent en présence de soignants, qui prennent ainsi conscience de l’impact de leur travail et des réalités humaines de l’hémiplégie.

Chaque année, les AmisPlégiques se lancent un Défi.

En 2012, le Défi Montagne a permis (après des mois d’entrainement) à neuf personnes hémiplégiques, accompagnés par trente-six soignants et aidants, de monter au Refuge du Rulhe (Ariège) et d’y passer la nuit avant de redescendre.

En 2013, le Défi Cirque a permis (après des mois de travail et de répétions) à six adhérents de se produire sur scène lors de la 36e Convention européenne de jonglerie qui se tenait à Toulouse.

En 2014, le Défi Droit aux Buts ! a permis à une vingtaine d’adhérents et d’aidants de se mesurer (après des mois d’entrainement technique et musculaire intensif) au Babyfoot dans une cordiale ambiance de rigolade et de dépassement de soi !

En 2015, les AmisPlégiques vont monter sur la scène du Théâtre du Pavé, mais c’est aujourd’hui encore un secret, et j’ai des tas d’idées pour les années suivantes !

En pratiquant les activités de l’association, beaucoup d’adhérents ont continué à récupérer après leur sortie de l’hôpital : parfois, il suffit d’un simple déclic pour marcher sans canne, et il est plus facile d’aborder les sujets difficiles ou intimes entre personnes qui ont le même vécu, et parfois les mêmes séquelles

J’ai pris conscience que ce que je faisais intuitivement portait un nom : l’éducation thérapeutique du patient ! je faisais sans le savoir de l’éducation thérapeutique ! 

J’ai suivi sur le sujet deux courtes formation à Toulouse, et j’ai décidé de m’inscrire à la faculté de médecine Pierre et Marie Curie (Paris) : j’ai obtenu un Diplôme Universitaire d’éducation thérapeutique en tant que patiente-experte en juin 2014, j’encadre et organise désormais des formations, et je mène des actions de sensibilisation autour du handicap, via AmisPlégiques ou sur mon lieu de travail (fonctionnaire de l’Éducation nationale, j’interviens auprès d’étudiants en situation de handicap à l’Université de Toulouse Jean Jaurès).

Je rêve maintenant d’ouvrir à Toulouse la Maison des AmisPlégiques …

Sandrine a été choisie comme l'une des trois femmes Version Femina 2015 par le quotidien La Dépêche (novembre 2014). Téléchargez l'article.